Mons’livre 2018

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Les filles de Minahytu, la légende.

Les filles de Minahytu, extrait :

Auteur Michèle Hardenne

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« Minahytu était une paysanne. Elle ne figure dans aucun livre d’Histoire. On y fait juste référence dans quelques petits ouvrages ou contes africains. Son histoire, transmise de génération en génération, racontait que Minahytu provenait d’une contrée en aval du Nil. Son peuple cultivait la terre. Le sol était fertile, grâce aux nombreuses nappes aquifères qu’il contenait et aux apports de sédiments du fleuve. Il y avait quatre saisons. Quand la première commençait, son peuple labourait la terre, la deuxième, il semait, la troisième, il récoltait, et la quatrième, il nettoyait et préparait la terre pour le cycle suivant. Ce peuple adorait le Soleil. Il lui faisait des offrandes lors de la première et de la quatrième saison, afin qu’il puisse faire profiter de ses bienfaits les autres parties du monde. Pour eux, le monde continuait de l’autre côté des montagnes, des forêts. Lorsque le Soleil se montrait moins souvent ou, lorsqu’il partageait sa lumière et sa chaleur avec les autres parties du monde, les arbres de la forêt, tout comme les gens, transpiraient et se desséchaient moins vite. Le Soleil n’aspirait plus d’un seul coup l’eau contenue dans leur corps fibreux. L’eau les quittait lentement et mettait plus de temps pour le rejoindre. Cette eau prenait la forme d’une grosse masse compacte et avant de le nourrir, retombait sous forme de gouttelettes retournant à la terre. Le Soleil les gratifiait d’un cycle, pour les quatre saisons ».

Ben souriait, et Lise le front plissé, l’épaule dénudée, était suspendue aux lèvres du médecin en prêtant une oreille attentive à l’histoire qu’il contait, la main caressant le dessin.

Le médecin poursuivit :

« La contrée était une vallée qui bénéficiait d’une nature luxuriante ; il y avait de petits lacs, de vertes pâtures, où les bêtes de somme, les chèvres et les vaches pouvaient paître. Il y avait des forêts de cèdres, de chênes, de platanes et d’arbres plus hauts encore aux feuillages plus denses, et dont son peuple utilisait le bois pour construire l’habitat, pour se chauffer et fabriquer les outils agricoles. Il y avait de vastes plaines, qu’il cultivait pour se nourrir. Son peuple ne consommait pas de viande. Il ne se nourrissait que de ce qu’il cultivait. Et pendant des millénaires, ce peuple pacifiste, qui restait dans la vallée, gratifiait d’offrande le Soleil qui leur permettait de réaliser un cycle et puis un autre. Il n’y avait pas de hiérarchie, ce peuple était uni. Il travaillait ensemble, mangeait ensemble. Les aînés conseillaient les plus jeunes et transmettaient leur savoir, les plus jeunes les aidaient. La jalousie, la convoitise n’étaient pas dans leur nature. Ce peuple vivait en osmose avec la nature et les animaux qui prospéraient dans la vallée. Chacun donnant à l’autre ses richesses. Un jour, lors d’une troisième saison, des hommes venus de l’autre partie du monde emmenèrent tous les jeunes de la vallée et abandonnèrent les aînés, et les nouveau-nés « filles », ne laissant qu’un seul bébé garçon. Ils se laissèrent emmener et n’opposèrent aucune résistance. Les hommes entraînèrent les jeunes gens en amont du Nil. Après des jours et des nuits de marche, ils arrivèrent dans une vallée où ne régnait que la sécheresse. Pas de forêt, pas de pâtures à l’herbe verte et grasse, pas de lacs. Le sol n’était que terre poudreuse, sèche et brûlante. Ces hommes ne bénéficiaient d’aucun cycle, ils maudissaient le Soleil bienfaiteur, ne lui faisant aucune offrande, allant même jusqu’à le provoquer.

Ces hommes se mirent à adorer d’autres hommes, ils les appelèrent des « Dieux », leur attribuant ainsi des pouvoirs de régner sur la Terre et de prendre les décisions à la place du peuple. Et puis, un jour, le Soleil fut plus généreux que jamais. Il ne disparut plus, ne cédant plus sa place à la nuit, et de ses rayons brûlants et destructeurs, irradia ces hommes jusqu’à les faire disparaître. Le peuple de la vallée, se réduisant à quelques vieillards et des nouveau-nés, ne put perpétuer le cycle. Il ne savait plus respecter les saisons : la terre ne fut plus labourée, il n’y eut plus de semis, ni de moissons et plus d’offrandes au Soleil. Les aînés gardèrent espoir et continuèrent leur enseignement des traditions dans l’art ancestral de l’agriculture à ce peuple réduit à une dizaine de fillettes et un seul garçon. N’ayant plus suffisamment de récoltes de fruits, de légumes, de céréales, desquelles une partie était offerte au Soleil pendant la première et quatrième saison, le cycle fut interrompu. La forêt tomba malade, les terres et les lacs devinrent secs. Les jeunes filles continuèrent de se rendre au fleuve, plusieurs fois par jour, pour ramener l’eau boueuse servant à abreuver le petit cheptel de vaches et de chèvres. Les bêtes leur fournissaient du lait, dont elles faisaient du fromage, devenu leur seule nourriture. Les animaux se nourrissaient des quelques herbes rares et fragiles qui perçaient la croûte de terre aride et de vieux bois secs provenant de la forêt. Les animaux, à leur tour, tombèrent malades, ils mirent bas des êtres difformes et stériles. Leur lait, devenu rare, fut empoisonné. Les anciens s’éteignirent, ce peuple était voué à son extinction. Il ne resta plus que quatre survivants : le jeune garçon et trois jeunes filles dont Minahytu. Elle était la plus âgée. Comme signe de reconnaissance en tant qu’aînée et responsable de son peuple, elle portait à l’annulaire droit, un anneau de métal. Le Soleil, comme chaque matin s’apprêtait, à venir vérifier si l’offrande était présente afin de récompenser le peuple de la vallée en le gratifiant d’un cycle. Un matin, dès que Minahytu aperçut ses premières lueurs, elle courut à travers les plaines désertifiées, traversa la forêt de bois mort et grimpa sur la plus haute montagne qui n’était plus qu’un énorme rocher. À perte de vue, l’autre partie du monde n’était qu’une mer de sable. Le Soleil avait faim, il avait aspiré toute trace de vie. Elle se dressa sur le rocher, torse nu et s’adressa au Soleil. Elle voulait qu’il accepte son corps en compensation des offrandes que son peuple n’avait pas pu perpétuer. Elle lui lança son anneau, laissant à son doigt une trace bleutée, pour lui montrer qu’elle renoncerait à sa vie d’humaine. Elle le supplia de lui accorder un cycle, un seul, afin que la vie puisse revenir dans la vallée. Une lumière blanche, aveuglante, plus forte que jamais remplit le ciel. La jeune fille du haut du rocher était prête à s’offrir en sacrifice, elle allait sauter et se jeter dans la mer de sable, lorsqu’une boule de feu vint percuter le rocher, la projetant très loin en arrière. Le rocher éclata, se fendit en son centre et de sa bouche, il recracha des milliers de cailloux incandescents. Un des cailloux vint toucher le sein gauche de la jeune fille et y laissa une trace noire, un cercle parfait, représentant le Soleil. L’étoile la plus brillante de notre Système solaire l’avait acceptée en offrande. Le Soleil disparut faisant place à la nuit. Des morceaux de la lumière blanche tombèrent avec fracas sur le sable, épargnant la vallée. Le sable s’enflamma. De l’eau tomba du ciel éteignant l’incendie et la mer de sable devint un océan.

Salons 2018 (1ère partie)

Salons où vous pourrez rencontrer nos auteurs en dédicace.

A vos agendas…

AGENDA BAMBOO

Février :  le 03 et le 04 à Villers-La-Ville : 5ème salon du livre
Mars : le 03 et le 04 à Braine-L’Alleud : Elles se livrent
           du 19 au 22 : Foire du livre de Paris stand D15
Avril : le 21 et le 22 : à Waterloo : Journée mondiale du livre et du droit d’auteur
Mai : le 26 et le 27 à Trazegnies : Le château sous les étoiles

 

C’est le temps des…cadeaux !

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Sur fond de campagne, le thème proposé par Michèle Hardenne, auteure,  est l’acception de l’autre d’apparence ou de culture différente : Léon, le hérisson, n’a plus d’habitat. Le champ où il vivait a été détruit lors d’un moisson, il est seul et perdu sur une terre qui lui est inconnue. Sephora s’occupe du réveil et du sommeil des animaux vivant dans le pré. Un matin, elle rencontre Léon et ensemble ils partent à la recherche d’une famille pour l’accueillir et lui offrir une nouvelle vie.